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Sepp Blatter, le Président de la FIFA

 

Le champion du monde des bénéfices de ce Mondial 2006 ne fait pas de mystère : il s’agit de la Fédération internationale de football (FIFA). Selon les propres estimations de son patron, le Suisse Sepp Blatter, la fascination des foules pour le ballon rond ne lui rapportera pas moins de 1,86 milliards d’euros, dont la moitié proviendront des droits exclusifs de retransmission des matches.

 

 

L’événement devrait être suivi par 32 milliards de téléspectateurs au total. Pour la finale, ce 9 juillet, Berlin en attirera à elle seule plus d’un milliard. Une manne dont la FIFA a décidé de ne pas se priver. Les téléspectateurs allemands n’ont le choix qu’entre ARD et ZDF, les deux chaînes publiques, pour suivre les matches en direct. Et gare à la chaîne qui tenterait de reproduire des images d’un quelconque match sans verser son obole.

A ces recettes, s’ajoutent les 200 millions d’euros tirés de la vente des 3,2 millions de places ainsi que les 700 millions d’euros versés par les quinze principaux sponsors comme Adidas, Coca-Cola ou MacDonald’s. Une exclusivité que la FIFA fait respecter par des mesures draconiennes. Nike par exemple, a été obligé d’enlever ses panneaux publicitaires dans le stade de Francfort. A Hambourg, le sponsor du stade local, AOL, a également été obligé de cacher son logo pendant la durée du championnat. « En matière de football, la Fédération détient un monopole qui lui donne une toute puissance que nous devons malheureusement accepter », explique Peter Danckert, le président du comité sportif du Bundestag, face aux critiques que suscite le comportement de l’équipe de Sepp Blatter.

 

La FIFA se frotte les mains car ses propres dépenses ne s’élèvent qu’à 755 millions d’euros. Son président peut donc se réjouir d’un bénéfice net de plus d’un milliard. L’affaire est d’autant plus juteuse que la FIFA est pratiquement exonérée d’impôts. En Suisse, où est localisé son siège, elle bénéficie du statut d’association à but non lucratif. A ce titre, elle n’est soumise qu’à un taux d’imposition réduit de 4,25%. Pas étonnant donc, que Sepp Blatter se félicite d’avoir dépassé, avec un an d’avance, la barre des 450 millions de fonds propres.

 

Reste que la commercialisation à outrance du Mondial et les pratiques de la FIFA suscitent de plus en plus de critiques. Dans son livre « Carton rouge » publié début mai, le journaliste britannique Andrew Jennings va même plus loin et accuse la Fédération de corruption. 550 millions auraient disparu des caisses de la FIFA. De surcroît, il reproche à Blatter d’avoir truqué les élections pour se maintenir à la tête de la Fédération depuis 1998. Jennings suspecte la FIFA d’avoir détourné près de 80 millions, versés par la chaîne brésilienne TV Globo pour les droits de retransmission des Mondials 2002 et 2006. Au lieu d’arriver sur les comptes de la Fédération, l’argent aurait servi à renflouer la société ISL, longtemps chargée de gérer les droits télévisés et de sponsoring de la Coupe du monde et mise en dépôt de bilan en 2001. Une enquête judiciaire est toujours en cours.

 

Pour Sepp Blatter, le livre de Jennings ne contient que des mensonges. Le patron affirme que 70% des recettes tirées du Mondial vont être réinvesties dans le football, précisant que la FIFA vient en aide à des associations de jeunes et met en place des projets d’aides aux pays en voie de développement.

 

Cependant, même en Allemagne où la Coupe du monde soulève un enthousiasme inégalé, le président du comité d’organisation local, Franz Beckenbauer, reconnaît que la commercialisation du football a atteint des limites. Autant dire qu’elle est allée trop loin.

 

Lothar Gries, Francfort

 








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