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« Diversité et droit et liberté ». Il aura fallu des discussions homériques qui donnent tout son poids à l’expression « querelles d’Allemands » pour que les activistes de la Gay pride se mettent finalement d’accord sur ce slogan pour leur parade du 22 juillet prochain. Le texte original de l’hymne allemand « Unité et droit et liberté » constituait visiblement une provocation pour ce biotope alternatif marqué par le « Nie wieder Deutschland ! » de profs en Birkenstock affublés de pulls tricotés avec la laine bio des moutons du Larzac. Une génération qui a eu ses mérites pour remettre en cause la restauration d’après-guerre, rendre l’Allemagne moins autoritaire et lui rappeler ses responsabilités face au passé. Mais aujourd’hui, leur discours tient aussi peu la route que celui des nostalgiques qu’ils dénonçaient dans leur jeunesse. La vague noir, rouge, or qui submerge l’Allemagne actuellement est à des années lumière d’un quelconque nationalisme suspect. On peut arborer les couleurs de son pays sur la « Fanmeile », se réjouir des victoires de son équipe, comme le font d’autres pays. Sans qu’on oublie le passé. Difficile du reste avec le mémorial de l’holocauste à deux pas de la rue du 17 juin. A Kreuzberg, des jeunes majoritairement de gauche arborent des maillots l’équipe allemande. Il y a quelques années encore, ils ne s’y seraient risqués qu’une bière à la main devant leur télé, en l’absence de leurs colocataires, pour ne pas se faire lyncher. La hantise de tout nationalisme faisait oublier aux amateurs d’auto-flagellation nationale que le drapeau noir-rouge-or de la république avait été interdit par les Nazis et remplacé par la croix gammée et que le « Deutschland über alles » dévoyé par le Troisième Reich faisait référence originellement à la volonté de la nation allemande formée de moultes principautés de surmonter ses divisions. Ironie de l’histoire, c’est le football, souvent suspecté de promouvoir les dérives chauvinistes, qui provisoirement fournit des images faisant croire que la société « multikulti » dont rêvent les amateurs de müsli bio fonctionne. A preuve, le soutien offensif des Turcs de Berlin à l’équipe allemande qui rapproche, le temps du Mondial, deux communautés qui en temps normal cohabitent en s’ignorant.

 

 

Pascal Thibaut est correspondant de RFI. Il habite à Berlin depuis 16 ans.

 








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