En donnant le coup d’envoi de la présidence allemande de l’Union européenne (UE), la chancelière a affirmé sa volonté de sortir l’UE de son bourbier institutionnel, ce en quoi elle dispose de l’appui du Président Chirac. Celui soutient ses efforts « pour parvenir à une déclaration ambitieuse qui identifie les grands défis de l’Europe dans la mondialisation ». Si on y ajoute la réunion à Madrid, le 26 janvier, des 18 états ayant ratifié le traité constitutionnel européen dans le but d’appeler à en maintenir l’essentiel, il semblerait que les dès soient jetés. Mais la cacophonie n’est pas loin : tandis que les uns invitent à renoncer au terme de « Constitution », car ce terme pourrait laisser penser que l’Union est un Etat, les autres bataillent toujours sur la question de savoir si Dieu doit être ou non de la partie. De quoi restaurer le lien de confiance entre les citoyens et l’Europe ?
Car il faut dire que par les temps qui courent, les eurosceptiques sont majoritaires… du moins concernant la monnaie européenne : l’euro serait mal-aimé par la majorité des citoyens de la zone euro (17 des 27 pays de l’UE). Selon un sondage réalisé entre le 10 et le 22 janvier dernier, 2/3 des Allemands regretteraient ainsi le Deutsche Mark. Et non parce que l’euro aurait un impact négatif sur la zone euro, mais parce qu’il nuirait à l’économie nationale ! Difficile, devant cet état d’esprit, de faire entendre le « bien mais peut mieux faire » que la Commission européenne vient d’adresser à l’Allemagne qui, comme la France, respecte enfin les critères du Pacte de stabilité !
Alors qu’à l’approche de la réunion des ministres de l’énergie mi-février à Bruxelles, la Bulgarie annonce la réouverture de deux réacteurs de sa centrale nucléaire de Kozlodoui (fermés le 31 décembre dans le cadre du traité d’adhésion à l’UE), si l’Europe ne double pas les compensations prévues, comment les Européens pourraient-il se réjouir de cette nouvelle adhésion ? 45% des Européens auraient en effet une opinion négative sur l’entrée dans l’UE de la Bulgarie et de la Roumanie.
Bref, il semblerait que l’idée d’Europe soit un brin mal en point. Terminons tout de même sur une note positive : la majorité des citoyens européens se réjouit du lancement de « l’Année européenne 2007 de l’égalité des chances pour tous »… 51% d’entre eux estiment en effet que trop peu de mesures sont prises dans leur pays pour lutter contre la discrimination, et 64 % ont le sentiment que cette dernière est très répandue. Sur le nouveau site européen http://equality2007.europa.eu propose-t-il un remède?
Charlotte Noblet