

Daniel Brühl, ce chaleureux métisse allemand-espagnol, a plus d’un tour dans son sac. Rencontre avec un acteur international par excellence.
Tu as tourné en Allemagne, en Espagne, en France, aux USA, y a-t-il des différences dans la manière d’aborder les tournages ?
La grande différence, c’est le vin ! En France et en Espagne, à la pause déjeuner, on boit un verre de rouge. Et c’est une très bonne idée, ça détend l’atmosphère. En Allemagne, l’alcool est interdit. Sauf que les techniciens ont une caisse de bière dans le camion, et à la fin de la journée, ils sont prêts à la partager avec les acteurs sympas (rire). Ou quand ils nous aiment bien et qu’on travaille tard, on a parfois droit à un expresso avec une larme de cognac. Sur Salvador, le catering n’était pas super, alors les techniciens ont transformé une lampe du film en poêle, et ils cuisinaient des gambas al ajillo[1], des scampis[2], c’était génial !
Dans Ein Freund von mir, il y a une scène où tu parles espagnol avec Sabine Timoteo.
Oui, le mari de Sabine est Péruvien et Sebastian (Schipper, le réalisateur, ndlr) a eu l’idée de la scène en nous entendant parler espagnol. Au début, je me disais que c’était bizarre que mon personnage parle espagnol - comme dans le film je suis allemand, j’ai essayé de laisser un peu d’accent - et je trouvais ça construit, mais finalement j’aime beaucoup cette scène, elle est très intime. La fille lui demande : pourquoi tu parles aussi bien espagnol ? et il répond: parce que je suis un génie. C’est une blague et c’est la première fois que ce mathématicien se permet une telle légèreté, mais ça n’a pas été sous-titré parce qu’on avait peur que ça paraisse arrogant.
Salvador de Manuel Huerga est ton premier film tourné en Espagne.
Oui, au début je ne voulais pas le faire, je trouvais que c’était une histoire trop importante, et je me demandais pourquoi moi, un acteur qui a grandi en Allemagne, devait jouer une icône de Barcelone, un galion qui s’est battu contre le régime franquiste. Mais Manuel m’a convaincu. En réalité, il s’agit d’une figure universelle, Salvador est un jeune idéaliste, un anarchiste, et avec ça je pouvais très bien m’identifier.
J’ai posé beaucoup de questions à mes parents, parce que je suis né en 1978 alors je n’ai pas connu la dictature. Et puis Manuel m’a donné des livres, de la documentation, j’ai passé pas mal de temps à Barcelone, en tout deux ou trois mois, j’ai rencontré des gens qui connaissaient Salvador, ainsi que ses sœurs, qui ont vécu les derniers moments avec lui, en prison, jusqu’à son exécution. Et puis j’avais un coach de catalan.
Tu parlais déjà catalan ?
Non, je le comprenais c’est tout. Je suis né à Barcelone mais je suis tout de suite « passé à l’Ouest », donc je suis allé au jardin d’enfant en Allemagne, et puis aussi à l’école. Ma mère ne faisait pas vraiment confiance dans les médecins allemands, elle préférait accoucher en Espagne, ma mère est… particulière (rire). Elle a veillé à ce que les traditions espagnoles ne se perdent pas, elle parlait espagnol à la maison, on avait un appartement à Barcelone et une maison dans les montagnes et on y passait toutes nos vacances. Le lien avec le pays n’a jamais été rompu. C’est pour ça que j’ai toujours voulu travailler là-bas.
Et pourquoi pas avec Almodovar ?
Oui, c’est pour ça que la nomination au Goya (en tant que meilleur acteur pour Salvador, ndlr) était si importante. J’ai déjà rencontré Pedro deux fois, c’est un ami de Manuel Huerga et j’ai appris par son équipe qu’ils avaient aimé le film. Il y a aussi d’autres réalisateurs espagnols avec lesquels j’adorerais travailler, comme Isabel Coixet ou Fernando León de Aranoa. Mais il faut être patient.
Et en Allemagne?
Dans les réalisateurs de langue allemande : Michael Haneke, et puis Jessica Hausner... Les Autrichiens font du très bon cinéma, bizarre pour ce drôle de petit pays (rire). Et puis il y a toujours des propositions dont on ne sait pas ce qu’elles deviendront, par exemple, il y a une possibilité de travailler avec Daniel Auteuil. Je ne sais pas si ça se fera, mais ce serait super. Auteuil est un de mes acteurs préférés en ce moment.
Ce serait un film en français ? Tu parles français ?
Disons que je sais très bien faire semblant. J’ai une bonne prononciation, ça suffit (rire). J’ai aussi de la famille par alliance en France, à Toulouse et Paris. J’ai souvent été en France, surtout dans le sud, à Carcassonne et Montpellier. Quand j’étais petit chez mon oncle, ça faisait un pot-pourri d’allemand, d’espagnol et de français. Mais j’ai beaucoup perdu. C’est pour ça que ça me ferait vraiment plaisir de tourner en France.
Propos recueillis par Céline Robinet
[1] Crevettes à l’ail
[2] Langoustines
resultats entre 1 et 3 de 3
Régis je suis dégoutée de ne pas avoir été là, sinon je me serais battue pour l'interviewer ... Grrrrr, je déteste celui/celle qui s'y est collé !
beaucoup de "mérite"? c'est bizarre comme choix de mot, non?
Daniel Brühl, c'est un bon acteur, il joue bien, il est peut être doué, il est certainement mignon, mais du mérite? je ne vois pas trop là? à moins qu'on m'ait caché qu'il a passé des années dans l'ombre avec mère Thérésa?
j'aime beaucoup cette acteur, il a enormément de mérite!! bonne continuation!