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Vous connaissez Louis de Funey ? Moi, non plus, il ne me disait rien au premier abord lorsque mes petits camarades allemands me parlaient des acteurs français qui les avaient marqués. «Ah, bien sûr, Louis de Funès !». Au bout de quelques secondes de réflexion face à mes interlocuteurs, stupéfaits que je ne connaisse pas cette idole comique, je finissais par comprendre, prononciation oblige, de qui il retournait. Heureusement qu’ils ne m’avaient pas parlé de Pierre Brice alias Winnetou, je me serais sûrement dit qu’ils me parlaient d’un fromage français…

Louis de Funès et aujourd’hui sans doute Gérard Depardieu sont pour l’Allemand moyen en matière de cinéma français, ce que Mireille Mathieu a longtemps été pour la chanson : des incontournables, des monstres sacrés (même si l’on ne sait pas trop quelle partie de l’expression mérite d’être soulignée).

Pour les plus francophiles (ou cinéphiles), les clichés sur le cinéma français, ce sont les bavardages psychologisants de la bourgeoisie qui se répand sur ses états d’âme amoureux et ses soubresauts horizontaux.

Côté français, le grand public en est sans doute resté aux Nazis aboyant dans les films de guerre et à la sirupeuse Romy Schneider dans « Sissi » qui a si souvent bercé nos fêtes de Noël devant le petit écran. Les plus avertis cultivent les mythes plus anciens des idoles de l’entre-deux guerre ou la nostalgie toujours vibrante des Fassbinder, Herzog et autres Wenders. Depuis on assimile le cinéma allemand à  des comédies primitives ou des drames d’une lourdeur insupportable.

Aujourd’hui, les Français avertis parlent d’une nouvelle vague du cinéma allemand. L’année dernière quatre films allemands étaient en compétition à la Berlinale. Il n’y a que le festival de Cannes qui ne s’en est pas encore aperçu.

 

*Pascal Thibaut est correspondant de RFI. Il habite à Berlin depuis 16 ans.








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