

Surprise musicale à Berlin : Gotan Project sera au Columbiahalle le 4 février. L´occasion de découvrir ou de redécouvrir un courant tango électro entre tradition et modernité, effets visuels et sonores. Un trio multicolore, qui ne cesse de faire parler de lui. Bref retour sur le parcours et les ambitions d´un mélange qui pétille.
Un Suisse, Christoph Müller, à la programmation, un Argentin, Eduardo Makaroff, à la guitare et vous, Philippe Cohen Solal, le Français à la basse et au clavier : un mélange plutôt éclectique ! Comment est né Gotan Project ?
Ca s´est fait de manière complètement improvisée. Je connaissais déjà Christoph. J’avais monté avec lui les Boys From Brazil depuis déjà quelques années, lorsque j´ai rencontré Eduardo à Paris. Coup de foudre immédiat avec le traditionalisme des percussions argentines et l´urbanisme « à la Piazzolla » du tango, du "Gotan". Dès ce moment, notre but principal a été de ramener le tango sur le dancefloor. On a fait un premier vinyle en se disant « on voit ce que ça donne ». Et on a vu…
Comment expliquez-vous cette vague d´aficionados du tango-électro partout dans le monde ?
Populaire oui, mais pas à n'importe quel prix : quand France Inter a rechigné à passer un single qui faisait plus de six minutes, je leur ai rétorqué que ce n´était pas mon problème ! Depuis, ils ont heureusement su s´adapter. De la bonne musique, c´est ce qui nous plait et ce qui plait au public. Parce que Gotan Project est indéniablement le projet le plus anti-commercial que j’ai jamais conçu de toute ma vie !
Là où d´autres échouent, vous avez su vous renouveler : « Lunático », votre dernier album est un succès ! Le tango folklo n’y prendrait-il pas, mine de rien, le pas sur l´ électro ?
Difficile à dire… L´électro est peut-être plus subtil, hypnotique. L´album est en tout cas moins « club », moins « dance ». C´est un retour aux sources : folklore argentin, tango « africain » accentué par le bandonéon et le tambour du candombé (aux origines du tango). Tout un univers contrasté, peuplé de cow-boys et de gauchos…
Que pensez-vous de votre public ?
Avoir un public de tous les âges et issu de tous les backgrounds de la société, c´est assez excitant. On a à faire à des milliers de comportements différents : de la fan « Beatlesmania » coréenne qui hurle à percer les tympans à celle, discrète, du pays du Soleil levant, il y a vraiment un monde ! Les Allemands sont de fins connaisseurs, un public électro averti, à déguster sans modération !
Au-delà du tango-électro, y-a-t-il un autre paradis musical ?
Je suis fan de Country, de Rock, de Reggae, de musique brésilienne comme classique… Je ne bannis aucun genre, aucun répertoire ! Outre-Rhin, Kraftwerk et Nina Hagen restent mes références. Sinon DJ Mauricio fait une techno berlinoise très chaleureuse que j´aime beaucoup. Je marche à l´intuition !
Mot(s) d´ordre pour 2007 ?
Poursuivre notre tournée avec un temps fort à Sydney en juillet... et continuer sur notre lancée !
Propos recueillis par Léa Chalmont
04.02.2007, Columbiahalle, 20h