Si Paris voulait fêter le retour de son tramway, elle pourrait transformer ses rames en boîtes de nuit ambulantes. En 2001, Jean-Yves Diss, lui, sillonnait déjà les rues de Munich à bord de ce moyen de transport. L’ancien tramway avait été aménagé pour abriter une soirée encore ancrée dans les mémoires. Mais à l’époque, pas d’effusion pour une renaissance, simplement la célébration du succès des « Parties » à la française dans la capitale bavaroise.
Jean-Yves Diss ou plutôt « DJ Jean-Yves ». C’est le nom d’artiste de cet Alsacien repéré pour la première fois sur les terres bavaroises en 1991. L’homme est déjà féru de musique. Depuis l’achat de son premier Vinyle, à l’âge de 15 ans. « C’était un disque de Jean-Michel Jarre, "Zoolook" », se souvient-il avec amusement. Lorsqu’il débarque dans la résidence universitaire de Landshut, au nord-est de Munich, Jean-Yves Diss n’a encore jamais officié derrière les platines. « Mais j’ai été élu tuteur des étudiants », raconte celui qui suivait les cours de BWL. « Je me suis donc retrouvé à devoir organiser les soirées. Les anciens m’ont expliqué les rouages puis j’ai vite volé de mes propres ailes. »
C’est dans les nuits de Landshut que « DJ Jean-Yves » se fait un nom, initiant le « dance-floor » aux notes de musique francophones. En 1993, changement d’ambiance et de musique : il rentre en France pour son service militaire. De retour en Allemagne du côté de Wuppertal, puis à Kaiserslautern, il se fait représentant de commerce. « Je vendais des vêtements pour la gastronomie », explique le Français aujourd’hui âgé de 36 ans. « Je me suis vite ennuyé. À Kaiserslautern, j’ai été proposer mes services au "Café am Markt", un des lieux les plus "in" de la ville. » Le patron convaincu, « DJ Jean-Yves » reprend le service. Parmi ses habitués, il comptera les footballeurs de l’équipe première du FC Kaiserslautern.
L’année 1996 marque ses retrouvailles avec la Bavière. « A Landshut, j’avais travaillé dans les médias et j’ai de nouveau opté pour ce milieu », raconte-t-il. Le disque-jockey retrouve vite le devant de la scène. « Tous les jeudis soir, je me rendais au « K41 ». Je remplaçais de temps en temps le DJ. Et puis, lorsque le "Regency" a ouvert en 1998, j’ai été invité à monter un événement francophone. De plus en plus de Français étaient présents. » Les soirées « French Kiss » étaient nées.
Aujourd’hui, sans vouloir concurrencer les « Tour de France » Parties, « French Kiss »rythme les nuits munichoises tous les troisièmes samedis du mois au salon Erna, dans l’Est de la ville. Le succès de cette « soirée 100 % mix de zik française à Munich » ne se dément plus. Après la fête dans le tramway au début du siècle, « DJ Jean-Yves » a récemment conduit une nuit « blind-test », sorte de quiz musical géant. Amoureux de Munich, cet agitateur de Français a publié le compte rendu de cet événement sur son blog (1). Sur le site également, le rendez-vous de la prochaine « French Kiss », le 20 janvier. Avant le septième anniversaire, le 17 mars. Une nouvelle révolution à Munich est annoncée !