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A l’heure où le sport tend vers toujours plus de fun. Où si on ne s’est pas essayé à un de ces cocasse mariages de disciplines - hockey subaquatique (hockey et natation), footbag (jonglage et football) ou encore parkour (athlétisme et gymnastique) – on n’est pas vraiment « in ». Le kinomichi, lui, est parfaitement à contre-courant. Créé à Paris à la fin des années 70, ce sport est un dérivé de l’aïkido. Mais là où cet art martial défensif d’origine japonaise pousse à la neutralisation de l’adversaire, le kinomichi privilégie la pratique dynamique à deux, de manière tout à fait pacifique. « Maître Noro trouvait que l’aïkido perdait de son essence. Que, sur les tatamis, l’esprit de domination prenait le pas sur le reste. Il s’est rendu compte que cela menait vers l’agression, la violence », explique Andreas Lange-Böhm, représentant de la pratique en Allemagne et ancien élève en aïkido sous les ordres de ce Japonais né en 1935. « Quand maître Noro a décidé de créer le kinomichi en 1979, je lui suis resté fidèle et l’ai suivi. Dans le kinomichi, les mouvements sont plus amples. Cela se passe dans un esprit d’harmonie, de contact, de sourire. »
Le kinomichi a foulé le sol allemand pour la première fois en 1987. « Maître Noro avait fait le déplacement à l’occasion de la célébration des 750 ans de la ville de Berlin3 », poursuit Andreas Lange-Böhm. « Nous avions organisé un stage pour l’attirer ici. » Depuis cette date, de nombreux instructeurs français ont franchi la frontière pour initier, dans tout le pays, de nouveaux pratiquants à ce qu’Andreas Lange-Böhm appelle le « dernier né des arts martiaux ». Berlin, par exemple, recense une soixantaine de pratiquants du kinomichi. Lange-Böhm toujours : « C’est un sport qui peut se pratiquer à tous les âges et qui offre une pratique dynamique qu’on ne retrouve pas ailleurs. Mais il faut reconnaître que la moyenne d’âge se situe plus entre 45 et 50 ans. Le kinomichi demande une certaine maturité d’esprit. Pour moi, la chose la plus importante dans ce sport est qu’on travaille en relation avec quelqu’un, pas contre lui comme c’est le cas dans les autres arts martiaux. C’est le meilleur moyen pour libérer de l’énergie. On fonctionne sur le niveau de sensibilité avec l’espace, un peu comme les plantes. Le kinomichi est en fait très organique. »
Nul doute que dans une société avide de briser ses chaînes du métro-boulot-dodo, le kinomichi trouvera des adeptes. « Mais il faut que nous nous améliorions au niveau de la communication, que nous puissions faire parler de nous. C’est ce donc je suis chargé », explique l’ancien résident genevois. Andreas Lange-Böhm sera d’ailleurs à Munich, les 20 et 21 janvier, pour animer le premier stage de l’histoire du kinomichi en Bavière. Un week-end où les participants seront un peu plus proches de la faune, que du fun.
Julien Bels
A consulter : www.kinomichi-muenchen.de et www.kinomichi.de