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Alors qu’on parle en France de droit au logement opposable, les autorités allemandes se félicitent, elles, de leur politique face au problème des sans-abri. Ici, pas de village de tentes.

 

« Personne ne veut acheter mes magazines. Regarde, là, c’est sale ». La faute à l’imprimerie. Le jeune homme, comme de nombreux sans-abri berlinois, tient à vendre ses exemplaires du Strassenfeger. Dans sa caravane multicolore garée derrière la gare Zoo, Werner Frenke sourit patiemment avant de lui donner de nouveaux magazines. Ce bimensuel de l’association mob (1) permet à des personnes en difficultés de gagner un peu d’argent. Les sans-abri l’achètent 40 centimes à l’asso berlinoise puis le revendent 1,20 euro.

A 40 ans, Kalle s’est retrouvé sans sa femme puis SDF. Ce grand roux à la voix trainante répète comme un leitmotiv qu’il tient plus que tout à sa liberté. La prison, il connaît. Pour vol à l’étalage. Hors de question de sombrer dans la criminalité. « Je vends 10 journaux par jour. Je me fais 20 à 30 euros. Ca me suffit pour manger chaud. »

 

Depuis 1994, mob dispense plusieurs formes d’aide aux sans-abri. A la même adresse, les SDF peuvent manger ou boire un café pour moins de 2 euros au Café Bankrott, écouter les conseils prodigués par les assistantes sociale et juridique ou se rendre sur la brocante tenue par des bénévoles, au fond de la cour. Au premier étage du bâtiment où travaille la rédaction - également bénévole - du Strassenfeger, le centre d’hébergement d’urgence est ouvert de 19h à 10h du matin. 

 

« Nous avons commencé par le journal », explique Stephan Schneider, responsable de l’association. « Ce sont les vendeurs du Strassenfeger qui ont eu l’idée d’installer un foyer ici. Comme ils ne voulaient pas se rendre dans les grands centres d’hébergement classiques, nous avons aménagé un espace ici. »

Ce centre peut accueillir 8 hommes et 4 femmes. A l’entrée se trouve une petite pièce où « les gens peuvent se parler et savoir avec qui ils vont dormir, pas comme dans ces grands centres qui accueillent jusqu’à 70 personnes », souligne le responsable. En Allemagne, les grandes structures ont laissé la place aux petites. A Berlin, seuls 2 centres, géré par des associations religieuses, comptent entre 60 et 70 places. 

Dans le dortoir, une petite dizaine de lits simples ou superposés. Chacun dispose de son propre casier pour enfermer ses affaires personnelles. La nuit coûte 1,50 euro. On peut rester jusqu’à 8 semaines, mais chaque situation est examinée au cas par cas.

 

En 1999, mob s’est lancée dans un nouveau projet : la rénovation d’un immeuble dans le quartier branché de Prenzlauer Berg. En 4 ans, avec l’aide de bénévoles et de SDF, 18 appartements ont vu le jour. Après être passé par divers centres d’hébergements, Ralph y a trouvé sa place : « Quand on m’a proposé d’aider à la rénovation, j’ai tout de suite dit oui. Grâce à cela, j’ai un appartement avec un loyer raisonnable. C’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. »

 

(1) mob - obdachlose machen mobil e.V. : www.strassenfeger-berlin.de

 

Sonia Gonzalez

 

Voir aussi:

>> En bref

>> Berlin: nouveau centre d'activités pour les scientologues

>> Désordre à la Cour du roi de Bavière

>> La diversité des sociétés française et allemande

>> France 2007: les candidats dans la presse allemande

>> Le logement : un droit en Allemagne

 

 

 








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