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 Un point de tension parmi d´autres : la politique énergétique.
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Le meilleur des mondes possibles ? A l’heure où l’Allemagne prend la présidence de l’Union, les deux pays s’affichent main dans la main pour traiter des grands dossiers. Mais derrière cette entente, les désaccords ne manquent pas. Revue des principales pierres d’achoppement.
- Le traité constitutionnel : la voilà, la Pomme de la Discorde. Le sujet annoncé comme un des principaux chantiers de l’Allemagne durant son mandat, ne pourra se faire sans la France. Mais le pays est en pleine campagne électorale et ce n’est qu’après les élections que le nouveau président se prononcera…il ne restera alors que quelques semaines à Angela Merkel à la tête de l’UE.
Candidat à la présidentielle et proche de la chancelière, Nicolas Sarkozy s’est pourtant récemment opposé à ses projets en réclamant un « mini-traité », seul capable de relancer l’Europe selon lui. Une solution « insuffisante » pour Franz Walter Steinmeier, le ministre des affaires étrangères qui cherche à préserver la substance du traité…et aussi ses propres acquis. L’Allemagne est en effet une des grandes gagnantes du traité, ayant obtenu satisfaction sur ses principales revendications, comme la Charte des droits fondamentaux ou la répartition des compétences entre Bruxelles, Berlin et les Länder. Malgré les mises en garde de Paris, Berlin semble bien décidé à présenter à nouveau une sorte de « loi fondamentale » avant le 1er juillet.
- La politique énergétique : un dossier délicat pour Angela Merkel, victime bien malgré elle des caprices de la Russie, comme l’a montré la crise après la fermeture de l’oléoduc Druschba (« Amitié » …) qui dessert en pétrole la Biélorussie et une partie de l’Europe de l’Ouest.
Un incident qui « brise la confiance » des Européens envers la Russie, a reconnu la chancelière, longtemps accusée de faire cavalier seul avec ce pays. L’année dernière, la signature d’un accord avec Gazprom pour la construction d’un gazoduc en mer baltique vers l’Allemagne avait soulevé la colère des autres membres de l’Union et notamment de la Pologne qui l’accusait de « contournement ». La politique énergétique commune semble bel et bien sur la corde raide.
Sujet de discorde ces derniers mois, entre une Angela Merkel partisane d’un partenariat privilégié et un Jacques Chirac résolument pro adhésion, le rejet de la Turquie fait maintenant l’unanimité. En décembre, l’UE a décidé de geler les négociations d’entrée. La raison : la fermeture des ports et aéroports turcs aux avions et navires chypriotes.
L’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie marque la fin d’une grande vague d’adhésion des pays de l’est. Là encore, les intérêts divergent. En raison de sa situation géographique, Berlin a longtemps encouragé ces adhésions, tandis qu’à Paris, on se borne à réclamer une ouverture de l’UE vers le sud et le Maghreb.
- America, mon Amour. C’est à Georges Bush (et non à Bruxelles comme le veut la tradition) qu’Angela Merkel a réservé la première visite de son mandat, afin d’obtenir le soutien des Etats-Unis sur le plan de paix au Proche-Orient. Une manière, une fois de plus, d’affirmer son penchant transatlantique…bien loin de l’attitude du couple Chirac-Schröder.
- La PESD (Politique Européenne de sécurité et de défense) : un futur en suspens malgré quelques réalisations comme l’Eurocorps. A Paris, on a toujours défendu l’idée d’une Europe de la Puissance, mais autonome vis-à-vis des Etats-Unis. La question de la dissuasion nucléaire est donc primordiale. A Berlin, en revanche, pas d’arme nucléaire. L’Allemagne a l’intention de s’imposer sur la scène internationale tout en restant fidèle à l’OTAN…et aux Etats-Unis. L’avenir de la PESD repose désormais sur le trio Berlin-Londres-Paris.
Aline Brachet
Voir aussi:
>> L'angoisse de la panne
>> Les transhumés du PE
>> La Présidence de l'Europe, c'est quoi au juste ?
>> La relation franco-allemande: un moteur gripé ?
>> Deux pays, deux conceptions...
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Une description chirurgicale de l'actualité, résultant d'une enquete journaliste poussée, dans des termes explicites. Un article comme on aimerait en lire plus souvent.