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             De petits cœurs à la fenêtre, une guirlande rouge qui clignote, le nom « Modells » à l’interphone : bienvenue, vous êtes au bordel. A Berlin, ils sont souvent en rez-de-chaussée. Parfois, c’est carrément une petite maison, comme à côté du stade olympique.

             Au premier étage de cet immeuble de la Kaiser-Friedrich-Strasse, Antonia, la cinquantaine chaleureuse, en basket et T-shirt, ouvre la porte d’un air entendu. Voilages,  lumières rouges, tous les clichés du Rotlicht Milieu sont réunis, alors que les femmes en déshabillé viennent se présenter au client. Le rituel est bien rodé, elles défilent chacune leur tour avant de retourner au salon.
 Monsieur annonce ensuite son choix à Antonia, qui vient chercher Anna, Lisa ou Angela et inscrit leur temps de travail dans le grand cahier de compte: vingt minutes, une heure ou plus. Les autres attendent leur tour en petite tenue au salon, en fumant et buvant du café. La douce et blonde Sylvia, 35 ans, s’est enroulée dans une grande serviette. Elle a remis ses grosses chaussettes et tricote en silence.
          Ancienne secrétaire, cela fait seulement six mois qu’elle se prostitue. Elle est tombée dans ce milieu par hasard, suite à un petit contrat de photographe amateur pour réaliser le site internet d’un bordel. « Pendant cinq ans, j’ai exercé le métier de Hausdame (tenancière), et puis un jour, j’ai décidé d’aller avec un client pour voir. Ça m’a plu, et je ne changerai pas de métier ! », explique-t-elle d’une voix douce. Elle est inscrite auprès de l’administration fiscale comme prostituée. Elle déclare tous les mois ses rentrées d’argent à un conseiller fiscal qui s’occupe de ses impôts, et retranche de ses revenus ses achats de préservatifs…

 

       « Je gagne bien ma vie. Pour le reste, il suffit de déconnecter » 

 

         Environ 400 000 femmes se prostituent en Allemagne selon les chiffres des associations. La moitié d’entre elles sont allemandes, et une bonne partie le fait occasionnellement, quelques après-midi par semaine. Beaucoup sont mères de famille, comme Nicole, 23 ans : « Pour ma fille, je suis au bureau, et c’est tout. Je gagne bien ma vie. Pour le reste, il suffit de déconnecter », assène-t-elle avec un regard dur. Faire un métier légal, ne pas craindre la police, c’est important pour elle.

            Depuis 2002, les prostituées exercent une activité reconnue en Allemagne, elles peuvent cotiser à la retraite et à la caisse d’assurance maladie. « Cela a aussi permis aux propriétaires des bordels d’améliorer le confort », relève Sylvia. Avant la légalisation, avoir beaucoup de chambres et de salle de bains éveillait les soupçons de la police. Désormais, les  chambres disposent au moins d’un point d’eau. Les filles ont chacune un casier dans lequel elles rangent l’argent que leur donne le client : 60 euros la demi-heure pour un rapport standard, sans compter les extras. Le propriétaire touche de l'argent uniquement sur la location de la chambre. Dans un petit bordel, le principe est le même que dans ce que les médias français ont appelé « le supermarché du sexe ».

Un reportage de Caroline Bruneau, photos Mirko Zander (Suite, voir : Légale, mais pas banale)

 








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Max /// Samstag, 07-11-09 00:39

Je trouve cet article un peu court mais intéressant car diamétralement opposé à ce qui se passe dans un pays dit abolitionniste comme la France. Cela me fend le coeur de voir des filles à moitié nues arpenter, ici, les trottoirs en plein hiver. Je suis écoeuré de voir, en 2009, les prostituées marginalisées, fragilisées, réduites à de faciles proies pour la police qui les arrête à sa guise. Quel est l'imbécile français qui a pondu le terme de "raccolage passif" ?
Je suis écoeuré de voir les prostituées en France progressivement chassées de la ville pour opérer loin du bourgeois afin de ne pas heurter "les bonnes moeurs" de ces gens là. En conclusion c'est la peur au ventre que les prostituées opérent la nuit dans la France de 2009, elles risquent, à tout moment, d'être la proie d'un débile.
Pendant combien de temps encore, à cause de ses lois inadaptées, la France va-t-elle continuer à traiter ses prostituées comme des sous-hommes et les forcer à travailler dehors par tous les temps ?

 
 

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