En ce moment, à heure fi xe, la vie s’arrête. Un calme suspect fond sur la ville, la circulation est ralentie, jusqu’à ce que tout à coup… But ! Une explosion de joie monte à l’unisson des cafés, appartements, terrasses, Biergarten… La Coupe du monde a des conséquences inattendues : les Berlinois ont laissé leur traditionnelle mauvaise humeur au placard et l’Allemagne a l’air en vacances. Ses habitants se peinturlurent consciencieusement les joues en noir, rouge et or : Du bist Deutschland ! Pour la première fois, le sentiment national allemand n´est ni complexé, ni extrême : il s’exprime dans la liesse. Vu de France, l’événement sportif de l’année est entaché par un débat : celui sur la prostitution. Dans l’Hexagone, la presse oscille entre les représentations, les exagérations et les faits. Il faut dire que le sujet se situe à la croisée des mentalités. Pour les féministes françaises, les prostituées sont des victimes, pour les féministes allemandes, des travailleuses vulnérables. Pragmatisme ou aveuglement ? Dans une lettre à Angela Merkel, l’avocate Gisèle Halimi estime que la légalisation de la prostitution (avril 2002) est une loi intolérable, et que le devoir de toute citoyenne est de « la combattre de toutes les manières ». En Allemagne, le Conseil des femmes (Frauenrat) considère au contraire que, faute de pouvoir l’anéantir, on peut la rendre moins inhumaine. Nous consacrons notre Dossier à ce thème controversé. Dans cette édition, nous avons ajouté des pages politiques : nous y décodons la polémique autour de l’envoi de troupes allemandes au Congo, et les petits arrangements des services secrets allemands. Intéressés par une ligne de TGV vers l´Allemagne ? Dans nos pages économiques, le point sur la guerre larvée entre les entreprises françaises et allemandes pour la conquête du réseau ferroviaire. Enfi n, impossible de ne pas rendre hommage au football : nous vous réservons à nouveau un cahier spécial « WM ». En attendant, que faire pendant les matches ? C’est le moment d’emprunter librement en voiture les avenues habituellement bondées, ou de lire tranquillement La Gazette au soleil devant un Milchkaffee. Bonne lecture ! D. F.