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L'année 2011 en Allemagne, une année riche en élections au niveau local.


Superwahljahr soit "super-année-électorale". En effet sept scrutins régionaux ont lieu en Allemagne en 2011. Ils devraient être riches en enseignements à deux ans des législatives nationales. Si les Démocrates-chrétiens (CDU), sont toujours en tête dans les sondages au niveau national, ils ont perdu Hambourg* dans cette première étape de ce marathon électoral avec le plus mauvais score de leur histoire (21,9%). C'est leur deuxième défaite d'affilée depuis les législatives de 2009 : En mai 2010, ils avaient perdu la Rhénanie du nord-Westphalie au profit du SPD et des Verts. Un calendrier plein de surprises.




La Haute-Saxe, sa localisation en Allemagne et son blason

Le 20 mars 2011, les habitants de la Haute-Saxe sont appelés aux urnes!

 

Nombre d’habitants (nombre d’électeurs inscrits) : 2,36 millions (2,028 millions)

 

La Grande Coalition depuis CDU-SPD va-t-elle chanceler ? L’heure est au suspens pour cet Etat représenté par 4 sièges au Bundesrat. Le ministre-président de la CDU, sortant Wolfgang Böhmer en place depuis 2002, ne se représente pas, et son dauphin, Reiner Haseloff (CDU), 56 ans, ministre de l’Économie du gouvernement sortant, recueille quelques 30 % des intentions de vote, un score bien inférieur à celui de la CDU en 2006.

Le parti de gauche allemand Die Linke et son leader Wulf Gallert, 47 ans, est en tête des sondages avec un peu moins de 30 % des intentions de vote, mais loin devant le SPD, qui stagne autour de 21 % candidat et dont le candidat, Jens Bullerjahn, 48 ans, ministre des Finances sortant, a déjà fait savoir qu’il n’est pas prêt à s’allier à Die Linke ou qu’à condition d’être lui-même le chef de gouvernement.




Le Bade-Wurtemberg

L’avenir politique du Bade-Wurtemberg plus ouvert que jamais

 

Nombre d’habitants (nombre d’électeurs inscrits) : 10,75 millions (7,633 millions)

 

Une semaine plus tard, le 27 mars 2011, c’est au tour des 10,75 millions d’électeurs inscrits de cet Etat de se prononcer pour ce scrutin lourd d’enjeux : 6 sièges au Bundesrat. Pour la première fois, depuis près de 57 ans, ce Länder pourrait tomber aux mains des écologistes. Car le vert, Winfried Kretschmann, 62 ans a le vent en poupe. Et son principal rival : le ministre-président sortant Stefan Mappus (CDU), 43 ans, successeur de Günter Oettinger -nommé en 2010 commissaire européen- se confrontera pour la première fois au verdict des urnes. Le leader des verts diplomate et pragmatique proche des gens, incarne certaines valeurs bourgeoises traditionnelles, et pense bien instaurer un nouveau style de gouvernance après 60 ans de CDU dans cet Etat. Sur l’épineux projet de transformation de la gare ferroviaire de Stuttgart (« Stuttgart 21 ») et qui a vu débarqué les hordes policières, il se présente contre le projet tout en sachant bien que dans l’hypothèse d’un gouvernement il n’aurait pas la majorité contre ce projet sachant que son allié le SPD est pour.

Début février, à six semaines du scrutin, Un sondage infratest-dimap pour le mensuel « Die Zeit » place les alliances « noire-jaune » (CDU-FDP) et « verte-rouge » (Verts-SPD) à égalité (45 %) dans les intentions de vote. 49 % des sondés se déclarent en faveur d’un changement de gouvernement. 39 % s’y opposent. Le rôle d’arbitre pourrait finalement revenir à Die Linke qui pourrait, en effet, franchir pour la première fois à Stuttgart la barre des 5 %, requise pour être représenté au Landtag.

 




La Rhénanie-Palatinat

La Rhénanie-Palatinat le 27 mars

 

Nombre d’habitants (nombre d’électeurs inscrits) : 4,02 millions (3,104 millions)

 

Dans le même temps, Kurt Beck (SPD), fera t-il son cinquième mandat dans cet Etat représenté par 4 sièges au Bundesrat, si oui, avec quelle majorité  disposera t-il d’une majorité absolue au Landtag ? Âgé de 61 ans, il a longtemps dirigé une coalition associant sociaux-démocrates et libéraux. Mais, depuis 2006, il dirige seul le Land, phénomène inédit à l’heure actuelle dans les autres Länder. Sa principale rivale, la jeune secrétaire d’État parlementaire du ministère fédéral de la Protection des consommateurs, Julia Klöckner (CDU), peut se targuer de son jeune âge pour redynamiser le tissu politique local, mais elle souffrirait d’un cruel manque d’expérience à ce niveau. Les sondages ne prédisent pas d’issue claire : un duel serré apparaît tout aussi possible qu’une nette victoire de M. Beck. De plus, les partis n’ont pas scellé d’alliance préélectorale. Cela pourrait placer les Verts en position d’arbitre du scrutin. Les sondages leur prédisent un retour triomphal à l’assemblée régionale. Ils sont donc courtisés à droite comme à gauche.

 




Brême

Brême le 22 mai 2011

 

Nombre d’habitants (nombre d’électeurs inscrits) : 660 000 (488 000)

 

Le plus petit Land d’Allemagne et représenté par 3 voix au Bundesrat,  la ville-État de Brême constitue le bastion historique du Parti social-démocrate, elle est actuellement gouvernée par une coalition « rouge-verte » (SPD-Verts) sous la houlette de Jens Böhrnsen (SPD). Candidat à sa propre succession, ce dernier s’est fait connaître à l’échelle nationale en assurant l’intérim de la présidence fédérale en 2010, après le départ de Horst Köhler. Sa rivale, Rita Mohr-Lüllmann (CDU), semble pâtir des divisions internes dans son parti dans cet Etat. La reconduction de la coalition formée par les sociaux-démocrates et les Verts semble probable !

 




Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, au nord-est de l'Allemagne

En Mecklembourg-Poméranie occidentale le 4 septembre

 

Nombre d’habitants (nombre d’électeurs inscrits) : 1,65 million (1,400 million) soit 3 sièges au Bundesrat

 

Le social démocrate, Erwin Sellering, qui a pris la succession d’Harald Ringstorff en 2008, en cours de législature dirige dans le calme la grande coalition (SPD-CDU). Le scrutin du 4 septembre 2011 révèlera qui, du SPD ou de la CDU, a le mieux tiré parti de la grande coalition au pouvoir depuis 2006. Le candidat SPD s’affrontera à son ministre de l’Intérieur, le chrétien-démocrate Lorenz Caffier. De leur côté, les Verts espèrent profiter de l’impulsion que la croissance du tourisme imprime à cet ancien Land est-allemand. Die Linke, ancien partenaire de coalition du SPD, tentera de revenir aux affaires en affichant une orientation pragmatique. Quant au parti libéral FDP, il luttera pour se maintenir au Landtag. Tous les partis observeront par ailleurs avec attention le résultat du parti d’extrême droite NPD, bien implanté dans les régions défavorisées de l’est de l’Allemagne.




Berlin, "ville-état"

A Berlin, une révolution verte ?

 

Nombre d’habitants (nombre d’électeurs inscrits) : 3,44 millions (2,472 millions)

 

La capitale allemande qui compte 4 sièges au Bundesrat pourrait être, en 2011, le théâtre d’un duel entre deux fortes personnalités de la scène politique allemande. L’ancienne ministre de l’Agriculture, Renate Künast, entend en effet profiter de la popularité des Verts pour mettre fin à dix années de coalition « rouge-rouge », associant le SPD à la « gauche de la gauche » (PDS, puis Die Linke), sous la houlette du social-démocrate Klaus Wowereit. Berlin apparaît comme l’un des Länder les plus propices à une victoire des Verts. Traditionnellement orientée à gauche, la capitale voit son profil sociologique évoluer au profit des jeunes et des créateurs. Cela pourrait susciter une aspiration au renouvellement, d’autant que la coalition « rouge-rouge » semble s’user au fil des années. Mais le pari de Mme Künast est loin d’être gagné. Au début de l’année 2011, le SPD de Klaus Wowereit a, en effet, largement repris la tête de la course dans les sondages. La campagne promet d’être vive. Parmi les autres partis, Die Linke stagne autour de 17 %. La CDU recueille l’assentiment d’environ un électeur sur cinq.

 

Lenny Martinez

28.02.2011

 

Sources : Bundesrat, Süddeutsche Zeitung (18.01.2011)

* Pour plus d'informations sur les récentes élections à Hambourg : www.lagazettedeberlin.de/6480.html










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