Quand Kiberlain fait sa Carla
Encore une actrice qui pousse la chansonnette ? Oui, peut-être, mais c’est plutôt réussi. Sur ses propres textes, façon ritournelles, tantôts sucrées, tantôt acides, mis en musique par Souchon père & fils (peut être un peu trop acoustique !), et sa voix douce, jamais forcée et juste, Sandrine Kiberlain nous offre un album plein d’humour, de charme et de sensibilité.
Très vite on est intrigué, séduit…. on guette ses trouvailles, ses inspirations, ses intonations, ses pointes d’ironies…. Rapidement on fredonne avec elle, on sourit… on est sous le charme de cette fraîcheur et de cette sincérité ! Un album à son image, tout simplement juste, tendre sans artifice superflu que l’on a envie d’écouter et de réécouter. Une vraie surprise !
« Manquait plus qu’ça » Sandrine Kiberlain (Virgin/Emi) www.sandrinekiberlain.com

Rhesus, la nouvelle pop…. française
Quand de jeunes français, grenoblois d’origine, se mettent à faire de la pop française… mais à la sauce très british, cela donne « Sad Disco » un album au son pop rock soigné, impressionnante de maîtrise, alternant tubes en puissance et compositions romantiques voire mélancoliques. Le savant mélange des voix d’Aurélien (entre David Bowie et Mike Scott) et de Laura (à la sensualité irrésistible) donne beaucoup de douceur aux 12 titres de l’album qui s’enchaînent dans une harmonie désarmante et surtout sans prendre le temps de nous ennuyer en cours de route. Un premier album efficace, plein de fraîcheur et dans l’air du temps qui démontre que l’on peut être dans l’émotion sans tomber dans le mélo, et faire du rock sans négliger les mélodies.
« Sad Disco » Rhesus (Pias) www.rhesus-web.com

Matthew Herbert, l’alchimiste de l’électro élargit son public
Après The Mechanics of destruction en 2001, album ambitieux mais difficile à écouter, construit à partir de samples de cannettes de coca écrabouillées, de poulets en batterie, de bouffe mac Do et de Nike maltraitées, puis surtout son énergétique et inventif Goodbye Swingtime, paru en 2003, détournement sophistiqué d’un grand big band de jazz de 32 musiciens, le londonien Matthew Herbert surnommé aussi Doctor Rockit ou encore Radio Boy nous propose sa dernière production : Scale. Un changement de cap complet, nettement plus accessible, pour celui qui vient de signer chez le label berlinois K7 Records. Saxophone, batterie, basse, chanson, aux mélodies entêtantes et bien ciselées, éléments disco….. sans oublier pour autant les messages politiques comme par exemple ses fameux samples d’avion de chasse britannique utilisé en Irak. « J’ai voulu faire un disque généreux en séduisant le public davantage par les mélodies que par les explications sur le processus de production ». Entre Pop, deep-house, jazz et disco. A noter le site spécial dédié à cet album www.herbert-scale.com
« Scale » Matthew Herbert (K7 Records) www.matthewherbert.net

Matthew Herbert, l’alchimiste de l’électro élargit son public
Mélange de hip hop, de jungle, d'électro, de ragga, de punk et de free jazz, "Fin de Cycle" continue à explorer tous les univers musicaux, repoussant encore les frontières des styles. Si justement ce style métissé peut dérouter à la première écoute, c’est justement cette exploration de nouvelles constructions musicales qui finalement impressionne chez La Phaze. Tout est réflechi, puis malaxé et enfin digéré habillement à travers des machines qui distillent leurs samples avec tellement de chaleur et de justesse qu’on jurerait des instruments.
Ce deuxième album de La Phaze semble plus cohérent, et ne perd aucunement de sa puissance, de son engagement ni de son esprit "pungle" (formé de jungle et punk) Fin de Cycle ? Non un vrai bon début !
« Fin de cycle » La Phaze (Because/Wagram)
Nicolas Jeanneté