Une femme à la tête de la communauté juive
Pour la première fois, la présidence du conseil central des juifs est assurée par une femme, la munichoise Charlotte Knobloch. Elue le 7 juin dernier, elle succède à Paul Spiegel, décédé en avril, à la tête de cette institution créée en 1950 et qui représente l’ensemble de la communauté juive d’Allemagne. Agée de 73 ans, elle fait partie de la génération des survivants de la Shoah. Lorsque Hitler s’empare du pouvoir en 1933, la petite Charlotte n’a que trois ans. Ses parents la confient dès le début de la guerre à une ancienne bonne de la famille, de confession catholique, qui l’a fait passer pour son enfant naturel et la rebaptise Lotte Hummel. En 1945, elle retrouve son père en Bavière et fait des études de commerce. Depuis 1985, elle est présidente de la communauté juive de Munich, la plus grande après celle de Berlin. Elle s’est battue corps et âme pour la reconstruction de la synagogue de la ville, détruite sur les ordres d’Hitler en 1938 : le 9 novembre 2003, la première pierre de l’édifice fut posée. L’intégration des juifs immigrés venus de l’ex-URSS a été une autre de ses priorités. La Communauté juive comprend 110 000 membres en Allemagne. Ce chiffre s’est multiplié par trois depuis cette vague d’immigration en provenance de l’Est après la chute du mur.
Plus d'infos sur la communauté juive dans le dossier de notre onzième numéro :
Nouvelles histoires juives
« C'est ici que commence l'avenir »
Micro-trottoir
Munich bute sur les Stolpersteine
Juif d'Allemagne, la crise d'identité
Les racines allemandes du Yiddish
Une coopération renforcée
Côté culture
Election de l´Assemblée des Français de l´Etranger (AFE)
Les électeurs français de la circonscription berlinoise ont pu s’étonner de recevoir un courrier les invitant à voter quatre listes et seulement trois professions de foi. Les deux listes de gauche - l’« Association démocratique des Français de l’Etranger »(ADFE) traditionnellement appuyée par la gauche plurielle, partis verts français et allemands compris, et la liste des « Français de gauche pour une Europe sociale forte et solidaire » -, appartiennent à la même famille politique. La profession de foi de la dernière liste manquait car sa diffusion a été annulée par l’ambassade. Motif : les candidats en question ont été accusés par les partis SPD, PS et Die Grünen d’avoir fait un usage abusif de leurs labels. Le second de liste, Florian Chiron, se défend pourtant de toute illégalité et affirme avoir obtenu les autorisations auprès d’antennes locales des partis, accords annulés par la suite par les directions nationales. Pour sa part, la liste de l’ADFE affirme pouvoir se prévaloir du soutien exclusif des partis précités. Difficile de démêler le vrai du faux dans ces querelles partisanes. Reste que les élections, dans ces conditions, risquent bien d’être invalidées…
Mara Desbois