On n´écrit pas sur un CV qu´on a été prostituée. Pourtant, lorsqu´il s´agit de changer de travail, il faut bien mettre en valeur une expérience acquise, quelle qu´elle soit.
C´est l´objectif de ProFrida, lancé en janvier 2006. Financé par Diakonie (association caritative issue de l’Eglise évangélique), le Ministère du travail de la Rhénanie-Du-Nord-Westphalie et l´Union européenne, il s´appuie sur un postulat ambitieux : la prostitution développe des compétences utiles dans le domaine de la vente et de l´aide aux personnes.
le programme concerne une soixantaine de femmes, dont 40 désireuses de quitter le métier du sexe. Impossible d´en accueillir plus : « C´est une démarche qui exige un suivi au cas par cas» affirme Rita Kühn, responsable du projet pour Diakonie. «Une prostituée qui veut changer de métier sait bien qu´elle aura besoin d’autre chose qu’une simple agence pour l’emploi ».
Car quitter la profession est loin d´être facile. « Les prostituées gagnent souvent bien leur vie, même si la concurrence venue de l´Est a dégradé leurs conditions de travail», poursuit-elle. En quittant leur métier, elles courent le risque de s´endetter, le temps de la reconversion.
Le programme s’arrête en août 2007 : en tout, les femmes auront un an et demi pour refaire leur vie.
Caroline Bruneau
Editorial
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VRAI-FAUX sur la prostitution