Sur les vingt-trois joueurs de l’équipe du Togo, adversaire de la France, dix évoluent dans le championnat français. Parmi ceux-là, Richmond Forson défenseur du Poiré-sur-Vie, petit club de division d’honneur.
Un terrain semé d’embûches. Voilà ce qu’a été le parcours de Richmond Forson jusqu’à la Coupe du monde. Et une fois le pied posé en Allemagne, du côté de Wangen im Allgäu dans le Bade-Wurtemberg, le sort n’a pas souhaité lui accorder de répit. La varicelle est passée par là. Une fois encore la volonté de ce Togolais de 26 ans n’a pas été entamée. Il en faudrait plus quand on a connu la première division française avant d’atterrir au niveau régional sans jamais douter de retrouver l’élite. « Je ne me complique pas la vie, explique avec philosophie Richmond Forson. Je l’accepte comme elle est. » Une vie de footballeur débutée au centre de formation du Sporting club de Lomé au Togo. « De ce centre sont sortis des joueurs comme Adekanmi Olufade ou encore Emmanuel Adebayor », raconte ce sportif qui possède également la nationalité ghanéenne. « J’ai quitté Lomé en 1997 après avoir effectué un essai au FC Metz qui est partenaire du centre. J’y ai signé un contrat stagiaire pro. » C’est d’ailleurs au club lorrain qu’il fait la connaissance de l’attaquant français Louis Saha - avec qui il jouera quelques matches en CFA – et dont il recroise cette année le chemin.
Après Metz, la route devient plus chaotique. « J’ai joué un an à Louhans-Cuiseaux. J’ai ensuite été prêté à Nice mais ça n’a pas marché », se souvient l’arrière-gauche d’un mètre quatre-vingts. À cet endroit la trace de Richmond Forson se perd, pour des raisons qu’il préfère taire, puis réapparaît à Alençon en décembre 2003. « Je ne voulais pas rester sans jouer. » Des complications de contrat lui ferment la porte de plusieurs équipes. « Pour garder la forme », cet homme de caractère embrasse alors la cause du Jeanne d’Arc le Poiré-sur-Vie, football club vendéen évoluant en sixième division française et auquel il appartient toujours aujourd’hui. « Si j’ai pu retrouver l’équipe du Togo, c’est grâce aux sélectionneurs qui m’ont toujours accordé leur confiance », affirme celui qui fut sélectionné pour la première fois en 2001.
À l’heure d’affronter la France, Richmond Forson ne pense pas à la formidable vitrine que pourrait lui apporter la Coupe du monde et qui l´aiderait peut-être à retrouver la première division. « Avant d’apprendre ma sélection pour la Coupe du monde, je n’avais rien espéré. Je ne voulais pas être déçu, détaille-t-il. Au dernier match avant l’annonce, j’étais venu sans sac. Simplement avec mes chaussures, ma tête, mes pieds et mon cœur. Aujourd’hui, je suis très ému de disputer le Mondial. Mais j’attends de voir notre performance, je ne préfère pas parler trop tôt. Je souhaite en tout cas montrer que malgré ce qui est inscrit sur mon CV, je suis capable d’évoluer à un tout autre niveau. » Après avoir beaucoup erré, Richmond Forson ne souhaite plus se perdre. « J’ai beaucoup appris de la vie. Je ne veux plus refaire les mêmes erreurs. » Parole d’Epervier.